Vody boisson alcoolisée - un vrai danger pour les jeunes

Vody : la boisson alcoolisée qui cible les jeunes et inquiète les autorités

Colorée, sucrée, énergisante en apparence, la Vody dissimule pourtant l’équivalent de plusieurs shots de vodka dans une seule canette.

Vody : Le cocktail explosif qui alerte les autorités et les familles

1. Qu’est-ce que le Vody ? Une composition « OVNI »

Le Vody est une boisson produite par la société allemande Cody’s Drinks. Présenté dans une canette de 25 cl aux couleurs vives (vert, jaune, orange) évoquant un soda ou une boisson énergisante classique, son contenu est en réalité redoutable :

  • Taux d’alcool : Entre 18 % et 22 %, soit l’équivalent de quatre shots de vodka dans une seule canette.
  • Ingrédients clés : Un mélange de vodka, de caféine, de taurine et une dose massive de sucre (environ 30 g par canette).
  • Prix attractif : Vendue entre 4 et 5 €, elle est extrêmement accessible pour les jeunes et les mineurs en épicerie ou en ligne.

2. Un marketing « traître » et viral :

Le succès de cette boisson repose sur un marketing jugé agressif et trompeur par les experts.

  • L’effet de masque : Le goût très sucré et les arômes (Tropical, Lemon) dissimulent la saveur de l’alcool, empêchant le consommateur de réaliser la force du breuvage.

  • L’illusion d’énergie : La caféine diminue la sensation de fatigue liée à l’ébriété, incitant à boire davantage.

  • Phénomène de mode : promotion et challanges sur les réseaux sociaux.
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3. Pourquoi le marketing de cette boisson cible-t-il les jeunes ?

Le marketing de la boisson Vody cible les jeunes, y compris les mineurs, en utilisant des codes visuels, culturels et financiers spécifiquement conçus pour les séduire et contourner leur vigilance. Selon les sources, cette stratégie repose sur plusieurs leviers :

  • Une esthétique empruntée aux boissons non-alcoolisées

Le premier vecteur de ciblage est l’apparence physique du produit. Le packaging utilise un emballage vitaminé aux couleurs vives (vert, jaune, orange) et des mentions de saveurs comme « Tropical » ou « Lemon ». Ce design est si proche de celui d’un soda ou d’une boisson énergisante classique qu’il crée une confusion, permettant à la boisson d’être parfois vendue au rayon des sodas.

  • Le masquage sensoriel du danger

Le marketing mise sur une composition qui rend l’alcool « invisible » au goût :

  • L’effet « masque » du sucre : Avec environ 30 g de sucre par canette, le goût brûlant de la vodka (qui représente pourtant 22 % du mélange) est totalement dissimulé.
  • L’illusion d’énergie : L’ajout de caféine et de taurine diminue la sensation de fatigue normalement induite par l’ébriété. Cela incite les jeunes à consommer davantage sans percevoir les signes d’alerte de leur corps.

  • Une omniprésence sur les réseaux sociaux

Le succès de la Vody est intrinsèquement lié à sa viralité numérique, particulièrement sur TikTok (comme par hasard).

  • Le « Vody Challenge » : Des défis incitent les adolescents à ingurgiter un maximum de canettes en un temps record.
  • Culture populaire : La boisson est intégrée dans la culture jeune via des morceaux de musique (comme ceux de la chanteuse Théodora) dont les paroles sont reprises dans des vidéos virales.

  • Une accessibilité financière et géographique maximale

Le prix est un argument de vente majeur pour un public disposant de budgets limités :

  • Vendue entre 4 et 5 euros la canette, elle offre un ratio « prix/ivresse » imbattable, puisqu’une seule canette équivaut à quatre shots de vodka.
  • Elle est très facile à se procurer pour les jeunes dans les épiceries de quartier, en ligne, ou lors de festivals.
  • L’exploitation des failles réglementaires

Le marketing profite d’un « flou réglementaire » pour se présenter comme une boisson énergisante plutôt que comme un spiritueux. Cette classification ambiguë permet d’échapper à certaines restrictions publicitaires et fiscales plus strictes qui s’appliquent normalement aux alcools forts.

4. Des risques sanitaires et sociaux majeurs

La consommation de Vody, souvent associée au binge drinking, entraîne des conséquences graves :

  • Immédiates : Comas éthyliques, malaises, vomissements, troubles du comportement (agressivité, perte de conscience) et accidents de la route mortels.

  • Cardiaques : Le mélange alcool/caféine provoque une hausse de la pression artérielle et peut induire une tachycardie ou des troubles du rythme cardiaque.

  • À long terme : Selon l’OMS et des études scientifiques, la pratique du binge drinking chez les 18-25 ans multiplie par trois le risque d’alcoolisme à l’âge adulte et peut causer des altérations neurocognitives ou des cancers.

5. État des lieux législatif et régulation

Face à ce que certains députés et ministres qualifient de « véritable fléau », la riposte s’organise :

  • Enquête en cours : La DGCCRF mène une enquête sur la loyauté de l’information et l’étiquetage du produit, qui devrait être classé comme « boisson spiritueuse » vu son degré d’alcool.

  • Mesures fiscales : L’Assemblée nationale a adopté en décembre 2025 l’élargissement d’une taxe sur les boissons énergisantes alcoolisées pour augmenter le prix du Vody, qui échappait jusqu’ici aux taxes sur les « prémix » (limités à 12 % d’alcool).

  • Vers une interdiction ? Déjà interdite en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et en Guinée, la boisson pourrait subir le même sort en France. Lors des débats, des élus se sont toutefois opposés à cette taxation, plaidant plutôt pour une interdiction pure et simple du produit comme plusieurs associations.

En résumé

Le marketing de la Vody agit comme un loup déguisé en agneau contournant les mécanismes naturels de défense et de satiété du consommateur. Il adopte l’apparence inoffensive et festive d’un soda sucré et coloré pour introduire sournoisement une dose massive d’alcool dans l’organisme d’un public vulnérable qui n’a pas conscience de la puissance du produit qu’il consomme.

 

Selon les experts et les autorités, un produit titrant à plus de 15 % d’alcool devrait être classé comme une boisson spiritueuse hors Vody est classé dans la catégorie des boissons énergisantes. Et des industriels peu scrupuleux qui savent exploiter « les trous dans la raquette » et exploitent l’absence de législation spécifique sur les ingrédients « énergisants »

 

En somme, la classification de la Vody est un défi car elle agit comme un caméléon réglementaire : elle adopte les habits d’une boisson énergisante pour séduire les jeunes et rester bon marché, tout en possédant la puissance d’un alcool fort qui devrait normalement l’exclure des rayons de grande consommation courante.

 

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